Mai 68 - Mai 2008?
On peut se poser la question de ce qui attire presque chaque année dans la rue au printemps les jeunes « de manière rituelle » comme l'a dit M. Xavier Darcos avec mépris.
Une étude vient d'être faite à propos de ce que représente mai 68 pour les jeunes, et je dois dire qu'elle est plutôt encourageante: étude de Opinionway.
En effet, il en ressort que le pacifisme (slogan « faîtes l'amour, pas la guerre ») passe avant l'anarchie (« il est interdit d'interdire »).
Les valeurs autour desquelles ils se retrouvent sont la liberté (97%), l'épanouissement personnel (94%), la tolérance (93%), la solidarité (89%) et dans une moindre mesure, la réussite sociale (78%). En queue de peloton, suivent sans surprise l'autorité (64%) et les valeurs religieuses (27%)
Pourtant l'autorité n'est pas complètement rejetée, au contraire nombre de jeunes reconnaissse sa nécessité, mais elle doit être exercée par leurs parents (37%) avant tout. Mise au point cruciale, et appel aux adultes à prendre leurs responsabilités.
Il faut donc relativiser la comparaison avec mai 68 concernant les jeunes d'aujourd'hui. Force est de constater qu'ils sont un peu différents: ils ont leur propre élan contestataire. Les idéaux qui les poussent sont les droits de l'homme, l'emploi, la paix et l'écologie. Et ça, avant le « fameux » pouvoir d'achat. Pour reprendre un slogan vu en manifestation, ils préférent « travailler tous plutôt que travailler plus ».
Nouveauté, la liberté sexuelle n'est plus considérée comme un sujet de bataille (considéré acquise), mais la défense des droits internet fait son apparition! Preuve que la société a changé, et que l'outil internet y a pris une place de choix, que les jeunes savent utiliser (on le voit pour les mouvements actuels).
Pour conclure, je ne suis pas un aficionado de Daniel Cohn-Bendit, loin de là, mais une photo que j'aime bien résume l'esprit de ce vent de contestation de nos jeunes:
Un air de défi goguenard, un besoin d'exister, un rejet et une dénonciation de l'absurde monde dans lequel nous vivons? La goutte d'eau, celle de trop, qui entraîne le plus que ras-le-bol et incite à bouger? Remercions nos dirigeants, qui à force d'incohérences, ont aidé à déclencher ces saines réactions!
Qui sème le mépris, récolte la dérision et l'irrévérence.